ET SI PEYCOUCK SERERE M'ETAIT CONTE...
La date exacte de création de Peycouck Sérère est encore un secret de l’histoire. Ce que l’histoire retient cependant, à travers la tradition orale transmise de génération en génération, ce sont les circonstances de la fondation du village.
Les premiers habitants seraient, en effet arrivés à l’approche de l’hivernage. Pourquoi avaient-ils préféré cet endroit à un autre? Nul ne sait. La raison est peut-être liée à leur statut de paysans et de pasteurs. Ils avaient certainement besoin d’assez d’espace pour cultiver et faire paître le bétail. La preuve: les hectares à perte de vue léguées aux fils actuels du village et qu’ils cultivent ou cultivaient encore avant que la démographie galopante, et du village et de la ville de Thiès, ne viennent les conquérir. Ces terres sont bien connues sous les appellations de thiop tia (les terres déboisées) et diora (le sol dior).
Les premiers venus n’étaient pas seuls sur le site. Ils ont trouvé sur place les gens de Ngoumsane qui les ont accueilli, à bras ouvert pourrait-on dire.
L’hivernage approchait. Il fallait vite dresser des cases. Mais la grande équation, c’était de trouver de la paille pour faire les chaumières. Les Ngoumé-ngoumé- c’est ainsi que l’on désigne les habitants de Ngoumsane-sollicités, n’avaient que de la vieille paille ayant déjà servi, qu’on appelait et on l’appelle jusqu’à présent couck. Les nouveaux arrivants s’en contentèrent pour couvrir les toitures de leurs cases. Cela a servi de prétexte aux Ngoumé-ngoumé pour désigner leurs nouveaux voisins. Ils leur donnèrent le nom de couck-couck qui veut dire les gens à la vieille paille. L’histoire de Peycouck Sérère est donc intimement liée à celle de Ngoumsane.
L’histoire fait également remarquer que le village est devenu, par la suite, un lieu de rencontre. Son emplacement géographique en faisait, en effet, un lieu d’escale pour les voyageurs venus du Baol, vers le centre du pays (actuelle région de Diourbel), en route vers Rufisque (dans la région de Dakar), une ville très commerçante à l’époque coloniale. Ces voyageurs, des Wolofs généralement, se reposaient sous un grand arbre que les noon surnomment wouly et que les Wolofs connaissent sous le vocable de mboul. Pour désigner le lieu, ils parlaient de pey u couck, l’escale ou le lieu de rencontre de couck. Le nom est resté, auquel on adjoindra le mot sérère, de la dénomination de l’ethnie à laquelle appartiennent les habitants du village. Fait remarquable : l’endroit est aujourd’hui situé à quelques cent mètres de la route nationale qui n’a fait que remplacer l’ancienne piste autrefois empruntée par les voyageurs à califourchon sur leurs chevaux.
L’arbre en question, plus que centenaire, a existé jusque vers les années 1985. Le poids de l’âge a eu raison de lui. Il s’est affaissé un beau jour de saison sèche. Son emplacement est occupé par une parcelle à usage d’habitation.
Les cases sont, aujourd’hui, devenues de l’histoire ancienne. Elles existent encore, mais elles ne sont plus témoins du sommeil de ses occupants. Elles sont utilisées comme cuisines ou débarras pour la plupart. L’architecture à Peycouck Sérère, est celle de bâtiments construits en dure avec du ciment. Certaines habitations sont mêmes faites de terrasses. D’autres, si elles sont à un niveau de rez-de-chaussée, sont prévues pour supporter un ou deux étages.
Un coup d’œil, même furtif, renseigne sur le niveau de vie des habitants du village. Les poteaux électriques se dressent le long des rues principales et alimentent les concessions. Ainsi, des téléviseurs aux postes radios en passant par les lecteurs de CD, les réfrigérateurs, les congélateurs et les ordinateurs, chaque famille est, aujourd’hui fière de mener sa vie au rythme du courant électrique. Les toits des maisons sont surmontés d’antenne de télévisions MMDS, parfois hissées très haut, qui permettent de capter plusieurs chaînes. En plus de la modernité, Peycouck Sérère s’ouvre au monde à la civilisation extérieure.