LE CARRE DES GARDIENS DE LA TRADITION
La présence de Ki khoul-khoul, le quartier des griots dans le village de Peycouck Sérère, remonte seulement à la fin du 19ème siècle. Elle est venue comblée un vide dans l’organisation sociale car jusque-là, Couck était sans caste. Mignane FAYE, à l'époque Lamane ou chef de carré de Ki faye-faye eut alors l’idée d’en chercher un. Ainsi, il fit venir Dogué, fils de Guélang, membre de la famille griotte de Thiawoune, le village de ses arrières grands parents.
Dogué Guélang devint donc paara couck, c’est-à-dire le griot titulaire de Peycouck Sérère. Il était le conseiller du chef du village et membre d’office du conseil es anciens. Mais son rôle était aussi social. Le paara couck était aussi modérateur des différents conflits qui pouvaient opposé des membres du village, tout en étant chroniquer, et animateur public. Il avait également pour mission de veiller à la sécurité des habitants car, en vigile qualifié, il, avait le pouvoir d’identifier les éventuelles agressions occultes pouvant menacer la quiétude du village. En retour, la communauté l’entretenait en pourvoyant à tous ses besoins, notamment en lui donnant le nécessaire pour ses cérémonies familiales.
D’autres familles de griots sont, plus tard, venues les rangs. Ces dernières ont quitté Ngoundiane, un village sérère très proche du Sine-sine, et de Saawi. Ce qui a donné naissance au quartier des griots, Ki khoul-khoul.
Comme par le passé, les griots de Couck sont les gardiens des traditions et de la culture. Ils aident à la préparation et à l’organisation des cérémonies de réjouissance (baptême et mariage) ou de malheur (funérailles). Ils sont mis à contribution lors des grands événements. Leur réputation dépasse les frontières de la communauté noon de Thiès. Leur mérite, c’est d’être les seuls qui maîtrisent l’art des tam-tams et des rythmes endiablés qui font danser le Mbilim. Leurs services sont sollicités de partout.
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