ORIGINES LITIGIEUSES
La question du Ha ndëg ou chef du village a souvent opposé, pas quand même au point de créer un conflit, les ndionènes et les fayènes. Chaque entité aime brandir sa version pour revendiquer la paternité du Lamane.
Selon les anciens de Ki ndione-ndione, ils ont longtemps porté et exercé le titre de Ha ndëg. Leur conviction se fonde sur le fait qu’ils ont été les premiers installés, dons les fondateurs du village. De droit alors, la fonction de chef du village leur est revenu de droit, jusqu’au lendemain de la fameuse peste qui a décimé la majorité de leur clan. Préoccupé par la nécessité de se repeupler, leurs ancêtres ne se souciaient plus de préséance. Ils cédèrent alors le titre et tous les privilèges aux fayènes, les seconds venus.
Ces derniers soutiennent que de tout temps, ils ont occupé la fonction de Ha ndëg sans pour autant en donné les preuves. Le seul document disponible est une liste des derniers chefs du village issus des rangs de Ki faye-faye, une liste dont j’ai copie et que je vous promets pour bientôt.
Une autre version existe qui reste liée au fait que Couck était le lieu de séjour d’un grand chef wolof qui y avait son gîte de passage. Les fayènes, très hospitaliers étaient au service du «prince». Une sollicitude qui fit que le chef de province considéra le chef du carré de Ki faye-faye comme son interlocuteur. Un rôle que ce dernier a su jouer, fort de l’expérience de ses grands parents qui ont séjourné dans le Sine, donc initiés depuis des années à la vie politique. Ils savaient donc parler et traiter avec les chefs locaux qui constituaient le pouvoir établit par le protectorat. De ce fait, naquit une dualité qui poussait les fayènes au devant de la vie publique de Peycouck Sérère, reléguant par la même occasion la personnalité des ndionènes.
Aujourd’hui, le Ha ndëg est de Ki faye-faye. Il s’agit de Nicodème Khar FAYE. Il est le représentant de l’autorité administrative. (A suivre)
|